
CannaRC © Tous droits réservés


Le nom canna est issu du celte "cann" qui signifie la canne, par allusion à la morphologie des tiges. Toutes les espèces (de 50 à 80 selon les auteurs) sont originaires d'Amérique tropicale. La première description en Europe fut faite par Charles De Lécluse en 1576, il s'agissait du Canna indica, probablement ramené par des missionnaires espagnols des Amériques. "L'histoire horticole" des cannas resta anecdotique jusqu'au début du 19ème siècle. Les espèces connues alors étaient, en plus du Canna indica, les Canna flaccida, latifolia, coccinea, lutea et glauca.
C'est en 1848 que monsieur Année, qui revenait d'Amérique et s'était passionné pour le genre Canna, obtint dans un semis, un nouveau canna. Celui-ci, plus florifère et à fleurs plus importantes que pour les espèces botaniques, reçut le nom de son obtenteur, ce fut le Canna annaei. L'histoire horticole du canna venait de débuter.
Les premières hybridations eurent lieu entre espèces botaniques, ou entre espèces botaniques et premiers hybrides. Il était alors assez facile de connaître leurs parentés. Mais de nos jours, les nouveaux cultivars sont issus de multiples croisements si bien qu'il est pratiquement impossible de connaître exactement leurs ascendances. La nomenclature les nomme donc "hybrides généraux", ce qui se transcrit de la sorte : Canna x generalis suivi du nom du cultivar.exemple : Canna x generalis 'Talisman'.
Parmi les grands obtenteurs lyonnais, citons Monsieur Crozy père puis fils, qui hybrident les cannas à partir de 1862, quartier de la Guillotière. Ils réussirent à créer tout d'abord des variétés beaucoup plus basses que ce que l'on pouvait trouver dans les collections de l'époque, mais surtout une sorte de cannas appelée "cannas florifères" ou "cannas lyonnais à grande fleur", qui les font triompher dans toutes les expositions de la fin du 19ème siècle.
Monsieur Crozy père recevra même le surnom de "papa canna" en 1890 pour l'ensemble de ses obtentions. Une des plus belles obtentions de Monsieur Crozy : le cultivar 'Madame Crozy' d'une magnifique couleur vermillon bordé or, servira d'ailleurs par hybridation, à l'horticulteur italien M. Spenger (des établissements Dammann à San Giovanni Teduccio, près de Naples), pour la création de la race de "cannas à fleurs d'orchidées" ou "cannas italiens". Nous pouvons citer quelques exemples de cultivars ayant comme parent le canna hybride 'Madame Crozy' : 'Austria' (1893), 'Italia' (1893), 'Alemania' (1894), 'Britannia' (1895), 'Heinrich Seidel' (1895). Un peu plus proche de nous, au début du 20ème siècle, les Etablissements Rozain-Boucharlat furent des obtenteurs prolifiques. Leur exploitation de Cuire-les-Lyon vit naître bon nombre de cultivars. Leur catalogue de 1910 n'en proposait pas moins de 110, dont beaucoup de leurs propres obtentions. Une de leurs principales réussites fut le travail et l'obtention de la couleur rose franc qui n'existait pas alors (seul le rose pâle et le saumon étaient représentés). Les améliorations ne s'arrêtèrent pourtant pas là, et en 1930 le cultivar 'Centenaire de Rozain-Boucharlat' apparut dans le catalogue. Ce cultivar à la fois bas, florifère, à gros épi avec des fleurs bien ouvertes d'une superbe couleur carmin ombré de lilas est encore présent de nos jours chez de nombreux horticulteurs et dans le fleurissement des villes.
.